Connecter trois systèmes différents - caisse, planning/paie, avis clients - pour piloter la performance et calculer automatiquement une rémunération variable fiable, en temps réel, pour chaque collaborateur : c’est le cœur technique du MVP PrimUp. Résultat sur le terrain : jusqu’à +5 % de chiffre d’affaires, -30 % de turnover.

Voici comment ce moteur a été construit, avec Peggy Gasté, sa fondatrice.

Peggy raconte de son côté la genèse humaine de PrimUp, épisode par épisode, sur LinkedIn - voici la version technique de cette même histoire.


Le problème que PrimUp résout

PrimUp est une plateforme de pilotage de la performance et de rémunération variable, dédiée au CHR (café, hôtellerie, restauration). Le secteur cumule turnover élevé et pénurie de main-d’œuvre ; les primes variables sont un des rares leviers de fidélisation, mais elles sont le plus souvent calculées à la main, sans transparence, dans un tableur.

Notre objectif avec le MVP : automatiser le calcul des primes, donner à chaque collaborateur une visibilité en temps réel sur sa rémunération variable - et donner aux dirigeants et managers une vue de la performance de l’établissement, en connectant l’app aux outils métier déjà en place plutôt qu’en demandant une double saisie.

L’idée ne vient pas d’une intuition théorique. Peggy Gasté a affiné cette méthode de pilotage par primes pendant 3 ans, à la tête de son propre groupe de restaurants, Coolangatta - sur 15 restaurants pilotes et 300 collaborateurs. Avec PrimUp, nous digitalisons une méthode déjà éprouvée sur le terrain, avec ce que la digitalisation ajoute concrètement : la récupération automatisée des données et l’affichage instantané à toute l’équipe.


Une chaîne de valeur bout en bout

Pour qu’un collaborateur voie sa prime estimée, il faut, dans cet ordre : récupérer les données d’activité depuis des systèmes hétérogènes, les rapprocher d’objectifs, puis calculer la rémunération variable qui en découle.

Ce type d’intégration multi-API est un des facteurs de complexité classiques d’un MVP - et c’est précisément ce que nous avons identifié dès le cadrage pour le traiter tôt, avec la rigueur nécessaire, plutôt que de le découvrir en cours de route.


Une progression en 5 cycles, validée avec la fondatrice

Nous avons découpé le développement en 5 cycles, chacun livré et validé avec Peggy avant de passer au suivant. Ce découpage a servi à valider et ajuster chaque maillon technique avant de construire le suivant - la bonne façon de sécuriser un produit où chaque brique dépend de la précédente.

Entre le cadrage initial et la version livrée, le calendrier est passé de 2,5 à 4 mois. Ce n’est pas la validation qui a allongé le délai : le produit a évolué. L’IA y a pris une place nettement plus importante, pour répondre aux nouvelles attentes du marché et à la vision que nous avons progressivement affinée pour PrimUp.

Voici, cycle par cycle, comment ce moteur a pris forme.

Cycle 1 : Les fondations

Mise en place des fondations techniques. Nous choisissons une stack adaptée à la réalisation d’un MVP : légère, évolutive et IA native - Supabase pour stocker les données, React pour le front, Cursor et Claude Code pour l’outillage IA.

Pour ce cycle 1, je livre une première version de l’application avec la gestion des organisations (un espace privatif pour chaque futur client), des utilisateurs et des rôles.

Cycle 2 : Les connecteurs

Avec le cycle 2, l’objectif est de dérisquer la possibilité de récupérer toutes les données nécessaires au moteur de PrimUp.

Nous commençons par récupérer les données du logiciel de caisse (connecteur Zelty). Nous poursuivons avec le planning et la paie (connecteur Skello). Enfin, nous ajoutons un connecteur pour récupérer les avis clients (Google Places).

Écran PrimUp Connecteurs : Google, Skello, Yokitup et Zelty actifs, avec des suggestions de caisse (Lightspeed, L'Addition, Innovorder)
L’écran Connecteurs : les sources métier déjà branchées, et celles à venir.

Cycle 3 : Le moteur de prime

Dans le cycle 3, nous bâtissons le cœur de PrimUp : la capacité à définir des objectifs et à y associer une rémunération variable pour les collaborateurs. Le moteur s’appuie ensuite sur les données remontées par les connecteurs pour actualiser le calcul.

Je ne peux pas trop vous en dire sur ce moteur, car c’est la sauce secrète de PrimUp.

Cycle 4 : La vision dirigeant, manager & collaborateur

Dans le cycle 4, nous exploitons les données des objectifs et des primes pour les rendre visibles et actionnables par les différents acteurs. Les dirigeants et les managers de l’établissement suivent la performance du restaurant au quotidien. Le collaborateur peut suivre l’avancement de ses objectifs et se projeter sur sa rémunération variable.

Écran PrimUp Résultats des primes : bilan T2 2026, évolution du CA, primes versées, turnover et objectifs atteints par établissement
Le bilan des primes : le pilotage de la performance une fois le moteur alimenté par les connecteurs.

Cycle 5 : Coaching & Nouveaux connecteurs

La fondatrice pousse le produit autour d’elle, PrimUp intéresse : il est temps de créer de nouveaux connecteurs pour intégrer ces nouveaux restaurants et enrichir les tests terrain.

J’intègre 3 nouveaux connecteurs : Combo (HR et planning), Yokitup (achats, stocks) et Malou (avis clients).

J’intègre également un système de coaching pour les utilisateurs, avec des conseils adaptés à leurs enjeux de performance.


Le vrai arbitrage : jusqu’où pousser le MVP

Sur un MVP à chaîne de valeur complète, la difficulté n’est pas technique, elle est humaine : où placer le curseur du « assez bon pour lancer » - surtout face à une fondatrice exigeante, qui connaît le métier dans le détail et voit tout ce qui pourrait encore être amélioré.

Mon rôle de CTO à la demande ici, ce n’est pas d’imposer un scope minimal par principe, mais de qualifier avec Peggy ce qui bloque réellement l’usage (un calcul de prime faux, une donnée qui n’arrive pas) de ce qui est un raffinement différable (un connecteur de plus, une vue supplémentaire). C’est ce tri, cycle après cycle, qui nous permet de livrer un MVP fiable sur son cœur de calcul - sans attendre que tous les connecteurs possibles soient branchés. Le cycle 5, volontairement dédié aux connecteurs complémentaires choisis selon les priorités commerciales de Peggy, est la trace directe de cet arbitrage : ce qui n’était pas indispensable au lancement a été explicitement repoussé, plutôt que de retarder la mise en production pour un scope plus large.

Pour la méthode complète de cadrage, voir Comment cadrer un MVP sans brûler son budget tech.


Ce que ça a donné

En digitalisant une méthode déjà testée dans les restaurants de Peggy, PrimUp peut désormais passer à l’échelle sur de nombreux établissements, grâce aux automatisations mises en place.

Sur le terrain :

  • +2 à 5 % de chiffre d’affaires supplémentaire
  • +3 points de marge récupérés (prime cost)
  • -30 % de turnover constaté
  • 90 % de rétention sur les sites pilotes
Pour en savoir plus sur PrimUp, visitez le site web primup.io

Construction et adaptation, brique après brique

Certains produits se prêtent à un lotissage qui expose une version aux utilisateurs dès le premier mois. D’autres, comme PrimUp, ont une chaîne de valeur qui doit être complète pour produire un résultat fiable. Dans tous les cas, je découpe pour valider chaque brique technique avec vous, étape par étape. C’est ce qui vous permet de visualiser le produit qui se construit, d’affiner votre vision et d’ajuster les prochaines étapes de la construction. C’est ce qui garantit un produit solide et fidèle à votre vision au moment où vos premiers utilisateurs y ont accès.

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